EXPOSITION

Émilienne Farny

12.10–16.12.2018

ÉMILIENNE FARNY
Vernissage le 11 octobre 2018 à 18h
Entrée libre

Emilienne Farny (1938-2014) est née à Neuchâtel. Elle  a étudié la peinture à l’Ecole des beaux-arts à Lausanne, avec pour professeur le peintre Jacques Berger. A Paris, où elle s’installe en 1960, elle découvre le Pop Art. Elle s’intéresse dès lors à ce qu’elle a sous les yeux, la ville en mutation, ses chantiers, ses palissades, ses affiches publicitaires.

De retour en Suisse en 1972, elle représente dans un esprit d’objectivité impitoyable les villas cossues, les paysages aseptisés, les rives bétonnées du lac Léman, longue série intitulée Le bonheur suisse. À partir de 1985, dans Paysages après meurtre, la nature prédomine, détaillée avec une précision hyperréaliste, et contemplée par des personnages vus de dos. Dans les années 1990, elle se consacre au décor urbain, parkings, sous-voie, fenêtres sur cour, trottoirs et chantiers. Elle figure aussi son univers de peintre, ateliers et vernissages. En 1996, elle développe une réflexion picturale sur le thème du Regard, notamment dans une série de portraits de personnages portant des lunettes noires. Depuis 2000, les séries intitulées Béton, Graffitis, Démolition, mettent en évidence les banalités urbaines auxquelles nous ne prêtons généralement que peu d’attention. Parallèlement à la peinture, l’artiste s’est consacrée à des assemblages, à partir de ce qu’elle recueille sur les chantiers, dans les déchetteries ou dans le lit des rivières.

Emilienne Farny cultive une technique rigoureuse et raffinée, qui accentue la présence et l’énigme de ce que nous avons quotidiennement sous les yeux et que nous cessons de percevoir. On l’a vue célébrer aussi bien le bonheur suisse que le bonheur tout court,  l’indétermination des choses ou la beauté qui se cache. Vision critique ou vision éprise ? On pourrait déceler une certaine ironie dans ses descriptions minutieuses, mais ce qui domine,   c’est  la ferveur technique et la passion du regard. Elle aurait pu dire comme Oscar Wilde : «Le vrai mystère du monde est le visible, et non l’invisible».

Sans avoir l’envergure d’une rétrospective, l’exposition présente les principales séries successives, y compris les sculptures et assemblages, elle offre un panorama de l’ensemble de l’œuvre

« En deux mots : ma peinture est réaliste. Le thème, dans ces années 2000, est devenu urbain : affiches, graffitis, impasses, ce que personne ne regarde. Je viens de la peinture américaine, Lichtenstein, Wesselmann, Andy Warhol, etc., de la littérature américaine, Brautigan, Dashiell, Hammett, du cinéma : arrêt sur image, cadrage, radicalité. »
Émilienne Farny

Commissaire d’exposition, Michel Thévoz

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