Projection
Film Plans-Fixes: Jacqueline Porret-Forel
26.03 / 20h30 - 22h30
Du 12 février au 21 juin 2026
Vernissage le mercredi 11 février à 18h30
Maisons-mères
Architectures utopiques et concrètes
Une exposition sous le commissariat de Philippe Lespinasse
Maisons-baleines, maisons-coquillages ou château-mystère, les architectures sans architectes jouent avec les équilibres et les formes, détournent les matériaux, s’érigent la nuit, jouent à loup y es-tu dans une zone merveilleuse entre l’autorisé et l’interdit. Les fadas, les zinzins, les utopistes qui les habitent ont autre chose à faire qu’écouter ce qu’on pense d’eux. Ils ont du boulot. Un donjon à finir, un balcon à peindre, un mécanisme qui permettra à la maison de s’élever dans les airs, tourner sur elle-même et se déplacer sur un rail. L’affaire est sérieuse, on n’a pas trop le temps de discuter. Militant·e·s de la pierre et du parpaing, héros·ïne·s de « l’embellissement de la vie quotidienne », les constructeur·ice·s sans diplôme sèment dans le paysage des petits miracles architecturaux. Leur inventivité sans limites rend jaloux leur voisinage, leur liberté énerve les élu·e·s, leur singularité débridée fait miroir à la bouillie lugubre de l’urbanisme moderne.
Un tour du monde de ces aventures architecturales
Après -ORGANuGAMME- que Danielle Jacqui a offert à la ville de Renens, c’est de sa maison qu’il s’agit. Pépite architecturale de l’arrière-pays marseillais, la maison de Roquevaire est en cours de classement, bien qu’elle ne réponde à aucun critère. Elle n’est pas la seule. C’est l’occasion d’un tour du monde de ces aventures constructives, qui nous invitent à les penser pour elles-mêmes, sans s’astreindre à une case, un règlement, un lignage. Elles n’ont de style que le fait main. Que l’humain. Elles nous libèrent et nous décolonisent. Elles sont le sensible et l’inattendu des villes modernes. Loin d’être des pratiques rares, leur accumulation fait système, leur pertinence insolente nous oblige à les penser comme des actrices miraculeuses de paysages de plus en plus uniformes.
Une exposition sur mesure pour La Ferme des Tilleuls
Pelotonnée entre les rails du train et ceux du futur tram ressuscité, dans un no man’s land propice à toutes les rêveries, La Ferme des Tilleuls est idéalement placée pour mesurer les enjeux et la violence de la fameuse « rénovation urbaine ». Menacée de destruction, classée monument historique, terre d’accueil de l’œuvre de Danielle Jacqui, lieu vivant d’échange et de culture en centre-ville, son destin justifie à lui seul un symposium autour de ce qu’est une maison.
Pour alimenter le débat (sans trop se prendre au sérieux), l’exposition Maisons-mères et ses nouvelles découvertes est montée sur mesure pour La Ferme des Tilleuls. Une place de choix est réservée à Mario Del Curto, qui traque depuis 40 ans ces architectures singulières. Le photographe a également été mandaté par La Ferme des Tilleuls pour documenter plusieurs environnements suisses peu ou pas connus à découvrir dans l’exposition.
Erwin Schatzmann, Winterthour, Suisse © Mario Del Curto
Plus de cinquante maisons et environnements, dont :
Morgenland Off Space, Erwin Schatzmann, Suisse
Maison De Celle Qui Peint, Danielle Jacqui, France
Bruno Weber Park, Suisse
Maison de József Balogh, Slovaquie
Maison aux Miroirs, Clarence Schmidt, USA
Maisons-Fagots, Vaïke Lubi, Estonie
Maison de Saint-Lunaire, Jeanne Devidal, France
Château d’Yves Jaffrennou, France
Maison de Jean Badji, Sénégal
La Route Vers Le Paradis, Polina Rayko, Ukraine
Cano’s Castle, Dominic Espinosa, USA
Howl House, Helen Martins, Afrique du Sud
La Maison Pratginestós de Joan Díaz, Espagne
Maison Peinte d’Enni Id, Finlande
Maison Des Symboles, Bonaria Manca, Italie
Maison d’Afia Zecharia, Israël
Le Jardin des Tarots de Niki de Saint Phalle, Italie
Smith Mansion, Francis Lee Smith, USA
Maison Volante, Annunzio Lagomarsini, Italie
Maison Sutyaguin, Nicolaï Petrovitch Sutyaguin, Russie
Château de Nicolai Von Glehn, Estonie
Et bien d’autres…
Philippe Lespinasse
Grand reporter pour la télévision (Arte, Envoyé Spécial, Thalassa, Un œil sur la planète…), Réalisateur de documentaires pour le cinéma et la télévision (André et les Martiens, Un berger et deux perchés à l’Elysée, Tant Pis Tant Mieux…) et enseignant en école de journalisme, mon travail a fait l’objet de nombreux prix. Je m’intéresse aux phénomènes de société, à la question des longues peines, aux conflits et guerres civiles autour de l’exploitation des ressources, aux faits divers.
Mes intérêts en parallèle autour de l’art, de l’architecture, du football, de la pêche à la mouche ou des cabanes m’ont amené peu à peu vers des collaborations plus officielles avec des musées et des institutions. Commissariat d’expositions, livres et articles, découvertes d’artistes et près de 40 films sur des auteur·ice·s d’art brut pour la Collection de l’Art Brut, le Kunst Museum de Thurgau, le musée Gruérien, le MOMa de New York, le centre Pompidou, le Grand Palais ou ici à La Ferme des Tilleuls me consolent de la violence du monde. Les contre-offensives humaines ont toute mon admiration.
– Philippe Lespinasse
Liste des artistes et photographes présent·e·s dans l’exposition :
Marie-Rose Lortet, France
Pascal Verbena, France
Mario Del Curto, Suisse
Louise Digard, France
Justine Saur, France
Kelly Ludwig, USA
Edouard Rochet, France
Cyrille Weiner, France
Jürgen Nefzger, Allemagne
Eric Tabuchi et Nelly Monnier, France
Nora Rupp, Suisse
Patrick Moya, France
Fritz Soltermann, Suisse
Deidi von Schaewen, Allemagne
Francis David, France
Et bien d’autres…
Cano's Castle de Dominic "Cano" Espinosa ©Kelly Ludwig
Impératrice noire de Niki de Saint Phalle ©Magdalena Galat
Magennis Tile House ©Kelly Ludwig
Fritz Soltermann ©open art museum St-Gall